Nous voici arrivés dans la bruyante mais joyeuse Tanjore, le coeur culturel du Tamil Nadu. L'hôtel, en plein centre-ville, nous permet de profiter des bruits incessants de klaxon, de la circulation délirante, et du sentiment de chaos qu'inspire cette ville au premier abord.
Notre chauffeur nous avait regardé avec de grands yeux ronds lorsque nous lui avions fait part de notre désir de "promenade" à pied - nous avons vite compris pourquoi. Une petite balade dans la ville relève vite de l'impossible: nous croyons devenir sourds, et ce n'est pas de tout repos que de marcher sur le bas-côté de la route en tentant d'éviter les mobylettes qui déboîtent sans prévenir, les rickshaws roulant sans phare et les cyclistes hystériques.
Le lendemain matin, nous découvrons cependant l'un des trésors de Tanjore: le fort et palais de Brihadeswara, joyau de la dynastie des Cholas. Sa construction, entreprise par le roi Rajaraja (littéralement "le roi des rois") fut terminée en 1010.Et le complexe est tout simplement... grandiose.
C'est un bel éléphant qui nous accueille...
Nous pénétrons au sein du complexe par deux "gopurams", ces tour-portails caractéristiques de l'architecture dravidienne d'Inde du Sud, recouvertes de sculptures de divinités et dont la pointe pyramidale s'élance élégamment vers le ciel. Le temple en lui-même s'élève au centre du complexe, mis en valeur par une tour de 66 mètres également sculptée. L'endroit est propre (!!!), calme, et on trouve même quelques carrés de pelouse bien tondue.
La finesse des sculptures, du Nandi (taureau - monture de Shiva) en bronze aux Shivas dansants, impressionne même mon petit Papa... Le long du mur d'enceinte, des peintures de divinités ont été très bien conservées, et témoignent de la richesse des Cholas.
Une scène bien érotique pour un pays où les mentalités sont si prudes...
Evidemment, comme on est en Inde, on ne peut s'empêcher de remarquer quelques détails "typiques", comme cette fontaine alimentée autrefois par l'eau de pluie l'est aujourd'hui par un tuyau d'arrosage vert traversant la moitié de la cour, absolument inesthétique.
... this is India!
Nous terminons la visite de la ville chez un artisan du bronze. C'est une toute petite entreprise familiale, qui ne doit sûrement sa survie qu'aux chauffeurs qui emmènent les touristes occidentaux dans leur petite boutique. La démonstration est assez impressionnante toutefois:
- une figurine est sculptée en cire, de la forme finale de la figurine de bronze
- enveloppée d'une couche d'argile, elle est lentement chauffée, afin de créer un moule. La cire chaude s'écoule doucement.
- un alliage de différents métaux (cuivre, or, argent, fer) est coulé dans le moule après avoir été chauffé à 1300°
- le moule d'argile est finalement brisé une semaine après.
90% des détails de la figurine en bronze sont déjà terminés à cette étape. Le sculpteur affine les derniers détails, et l'objet en bronze est préparé pour la vente.
Je n'ai rien acheté cependant, je ne peux prendre que 30 kgs de bagages dans ma valise de retour vers la France, et puis, je crois que je me lasserai un peu vite d'un Shiva en bronze dans mon futur appartement parisien...
Les noix noircissent, et s'enflamment:
elles sont rapidement éteintes dans le sable.
Vélo-containers (Madurai)
La pointe de l'île de Rameswaram n'est qu'à une
trentaine de kilomètres des côtes du Sri Lanka. Ce n'est en réalité qu'une étroite bande de sable, coincée entre les reflets bleus de l'Océan Indien de part et d'autre.