Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 11:06

"Tu as de la chance de partir maintenant, à partir de mars, la chaleur à Bombay est vraiment insupportable". C'est avec ces mots qu'une fille de ma classe d'histoire a réagi lorsqu'elle a appris que je m'en allais si tôt. Et moi qui désespère de retrouver l'hiver... Elle n'a sûrement pas tort, cependant. L'"hiver", comme on l'entend à Bombay, est bel et bien déjà terminé. Les matins ne sont plus frais comme ils ont pu l'être (c'est à dire qu'on appréciait d'enfiler un pull léger en coton), et les après-midi sont déjà très chauds. J'en profite donc de déguster mes dernières fraises, pastèques, melons juteux, et autres jus d'ananas frais. Le ventilateur, lui, reprend activement du service.

 

Je profite également de ces deniers jours pour faire de longues balades à Bombay, redécouvrir Kalaghoda, m'aérer sur Marine Lines, vagabonder dans les ruelles de Fort... tout en résistant assez mal à l'appel des boutiques de chaussures, bijoux et cheichs. J'ai découvert cette année l'art du marchandage, et j'adore ça. Les Indiens restent de "petits joueurs" si j'en crois ceux qui ont déjà visité la Tunisie ou le Maroc, mais qu'importe, j'adore me prêter au jeu.

 

Sur Colaba Causeway, longue rue bordée de petites échoppes de souvenirs d'un côté, de magasins de marques occidentales de l'autre, il faut s'armer de courage pour dénicher le meilleur.Entre autres "pashminas", "hello madam", "yes madam", "madam please, come inside", on trouve quelques trésors. Commence alors la négociation.

 

Etre blanche = prix annoncé généralement quatre fois supérieur au prix négociable.

 

Aussi faut-il toujours paraître étonné, outrée, par un prix délibérément trop élévé. "

"Comment? 180Rs (3€) pour des boucles d'oreille? Ah non, on ne me la fait pas à moi, je les veux pour 20Rs, et ce sera mon dernier prix".

C'est alors mon cher petit vendeur qui se montre à son tour outré: "madame, je vous fais un bon prix, 20Rs, mais vous voulez dire, 20 dollars peut-être?"

"Très bien, vous n'êtes pas prompt à négocier? Alors, je m'en vais..."

Et, inévitablement, le vendeur de me rappeler.

 

Colaba.jpg

 

"On va pouvoir s'arranger, quel est votre dernier prix?"

- "20 Rs.

- Allez, prenez-les pour 50,

- Non, j'ai dit 20, dernier prix.

- 30 Roupies?

- Non, non, 20, je m'en vais...

- D'accord d'accord Madame, prenez les à 20Rs

- Bon, j'en prendrai deux paires alors...".

 

 

C'est donc à quelques jours de faire ma valise que je réalise ô combien il sera difficile d'empaqueter seulement 30 kgs de bagages....

Par capucine - Publié dans : Bombay/Mumbai
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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 15:21

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Je n'arrive pas vraiment à croire que c'est l'hiver, ailleurs dans le monde, comme aux Etats-Unis: "Cette impressionnante tempête hivernale va être suivie d'une arrivée d'air arctique puissante" en provenance du Canada, selon le service de météorologie nationale. La température ressentie en raison du vent pourrait chuter à – 34 °C, voire – 45 °C dans le Colorado, le Wyoming, le Dakota du Nord et du Sud, le Kansas, l'Idaho et certaines parties du Texas.

 

Concrètement, cela ne fait qu'une soixantaine de degrés de différence avec Bombay!!

Evidemment, quand on n'a pas vu la pluie depuis 4 mois et que la canicule s'annonce à nouveau, l'hiver me paraît loin, loin, loin.Entre nous, j'en suis à scruter les avis météorologiques français depuis quelques jours, afin de me préparer psychologiquement au choc thermique qui m'attend dans une dizaine de jours...

 

Et oui, depuis ce matin, les grandes vacances (de sept mois) ont commencé. Je vais quand même travailler un peu - mon stage à Barcelone commence le 1er mars - mais ce matin, c'était un sentiment de liberté qui m'envahissait! Ou plutôt le sentiment que l'hypocrisie des cours est enfin terminée. Et depuis que j'ai vraiment réalisé que le départ était proche, je regarde à nouveau tout Bombay avec des yeux neufs, bouche bée (enfin, presque) et appareil photo en main.

 

Par capucine - Publié dans : Bombay/Mumbai
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Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 17:19

J'avais laissé Papa et Maman devant la piscine à Pondichéry pour quelques jours, avec une étape prévue à Mamallapuram. Je les retrouvai bien bronzés et en pleine forme à l'aéroport domestique de Bombay, avec bien meilleure mine que dix jours plus tôt. Une petite cure de soleil en plein hiver, ça ne fait jamais de mal...

 

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Nous avons profité de leurs dernières heures pour nous balader sur la promenade de Bandra, au bord de la mer, dans une belle fin d'après-midi sans un souffle d'air. Je découvrai aussi pour la première fois un petit parc réservé à 2Rs l'entrée (il n'y a bien qu'en Inde où l'on peut faire payer une entrée à un prix aussi dérisoire). Très bien entretenu, très agréable, et, après un petit instant d'observation... nous avons bien ri à lire toutes les pancartes disséminées dans le parc. C'est un lieu où s'exprime le "ne pas" et les "interdits"... pas toujours compréhensibles...

 

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                                                        "Ne pas jouer (en groupe). Ne pas prier".

 

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                                                             "Ne pas faire de sport en groupe / entraîner un groupe"

 

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                                                                                        "Ne pas se tenir debout ici"

 

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                                                                 "Ne pas jeter de pierre sur les canards"

 

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Mon préféré: "pas de mauvais comportement/ No Eve-teasing". Selon Wikipedia, "Eve teasing" est un euphémisme utilisé en Inde, au Pakistan, au Bengladesh et au Népal pour désigner le harcèlement sexuel. Ces monsieurs sont prévenus, le panneau leur interdit de mal se comporter avec ces demoiselles...

Par capucine - Publié dans : Choc culturel
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 16:31

Dernière étape du voyage pour moi, avant-dernière pour mes parents : la fameuse, la plus familière de toutes, Pondichéry. Qu'elle évoque les annales de bac pour certains (les élèves du lycée Français de Pondichéry étant les premiers à le passer chaque année), les vestiges coloniaux pour les autres, en étant en Inde, on pense rapidement que "Pondichéry, ce n'est pas l'Inde".

 

Sauf que... avant d'arriver dans le quartier français, il faut passer par la ville indienne, et là, elle n'a rien d'une ancienne colonie paisible sur les bords de l'Océan Indien. C'est (très) animé, comme partout, bruyant, et chaotique... Et pourtant il nous faut passer par là pour que le chauffeur paye une taxe d'entrée dans la ville. Une bonne vingtaine de minutes d'attente devant un petit "Police ckeck-post" où ces monsieurs fonctionnaires font durer le plaisir, jambes étendues, assommés par la chaleur... et pas pressés le moins du monde.

 

Mais une fois ces inconvénients dépassés, le petit quartier français est une belle découverte. Il conserve des rues bien alignées bordées de jolies maisons, dont certaines ont des proportions impressionnantes. Même si les détritus n'ont pas complètement déserté cette partie de la ville, l'atmosphère y est plus calme, les klaxons y résonnent largement moins qu'ailleurs, et la promenade en bord de mer est agréable.

 

 

Ce qui amuse surtout les touristes français que nous croisons en masse, guide du Routard à la main, ce sont les panneaux indiquant les noms de rue, conservés sûrement pour le folklore: c'est déjà assez inhabituel de trouver un nom de rue en Inde, alors de déambuler entre la rue Suffren, la rue du Bazar Saint-Laurent ou encore la rue Dumas a de quoi déconcerter après sept mois passés en Inde...Mais que l'on se rassure, le rickshaw (et son klaxon manuel) sont, eux, certifiés made in India!

 

Carrefour-Pondichery.jpg

 

Etant donné que le nombre de touristes français est disproportionné à Pondichéry, on trouve dans la ville de belles boutiques de souvenirs, quelques restaurants français corrects, des librairies avec livres en français, et une Alliance française rutilante, très active apparemment (et son gardien, pas très actif en apparence). 

 

Alliance-Francaise.jpg

 

 

En vrai, le tour de Pondichéry a été vite fait: nous avions pour la première fois une piscine à l'hôtel, d'où l'on entend le doux bruit des vagues et avec la chaleur qu'il faisait, nous rêvions tout simplement de nous y plonger et de ne plus en sortir....

 

Sur-la-plage.jpg

 

 

Je suis repartie seule prendre l'avion pour Bombay à Chennai, laissant Papa et Maman à quelques jours de détente bien mérités.  J'ai retrouvé avec grand plaisir (ironie) les chauffeurs de rickshaw malhonnêtes de Chennai (il doit y en avoir beaucoup, hélas). Celui qui m'a abordé dès la sortie du bus, guettant sa proie occidentale-sac-au-dos, a essayé de me faire payer son essence en s'arrêtant à une station (du jamais-vu). Je lui expliquais fermement que je n'étais pas aussi stupide qu'il ne le pensait et oh, tiens, en fait il avait encore assez d'essence pour avancer. Arrivée à l'aéroport, il me dépose avant l'entrée, je proteste, refuse de lui payer la somme négociée (qui était, en soi, exhorbitante par rapport à la distance), prenant à témoin les gardiens assis sur des chaises et complètement indifférents à notre querelle. Il refuse de prendre le billet que je lui prends, je fais mine de m'en aller, il me rattrape par le sac à dos... s'ensuit un échange de sourds en français et en tamoul, il finit par prendre mon billet, je me dépêche de rentrer dans l'aéroport... Sacrée Chennai, tu me réserveras toujours des surprises! 

Par capucine - Publié dans : Tamil Nadu
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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 18:05

A une courte distance de Tanjore (en kilomètres et en temps), nous parvenons au temple de Darasuram, isolé dans un petit village rural. Cela a l'immense avantage d'offrir un écrin de silence, de calme et de tranquillité.

 

Papa---Darasuram-2.jpg

Pour ne rien gâter, le temple, construit par les Cholas dans la deuxième moitié du XIIe siècle, est magnifique, et déserté. Des peintures bien conservées ornent le plafond de la salle principale, vers lequel des colonnes finement sculptées s'élèvent. 

 

Darasuram---plafond.jpg

 

Les parois extérieures du temple sont ornées de sculptures à l'air rusé et coquin, tandis que des gargouilles de pierres mènent la garde le long des différents escaliers menant au temple.

 

Statues---Darasuram.jpg

 

Et nous finissons la journée par une rapide visite de Kumbakonam, petite ville sans grand intérêt -malgré ses temples, car on commence à en avoir une overdose... si ce n'est un grand bassin au coeur de la ville où chacun est venu faire sa toilette (même des familles entières), laver ses draps et habits... et chacun fait sécher ses affaires sur la grille longeant le bassin rectangulaire.

 

C'est aussi le jour où la fête de Pongal commence, et l'on aperçoit partout devant les seuils des maisons de jolis dessins à la craie honorant les dieux pour la moisson. Si l'on avait su que l'on serait bientôt réveillés à 6h du matin, malgré les boules quiès, à cause de ce même Pongal, nous aurions sûrement été un peu plus réservés!

 

Happy-Pongal.jpg

Par capucine - Publié dans : Tamil Nadu
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En quelques mots...

  • : Etudiante à Sciences po, je suis en échange pendant un an à Saint Xavier's College, à Mumbai. Je vous fais ici partager mes surprises, mes découvertes, et les plus beaux moments de cette année en Inde.
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  • : 01/06/2010

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