Partager l'article ! See you soon, Mumbai: Déjà huit mois, et voila que mes dernières vingt quatre heures à Mumbai s’écoulent tranquillement, à la fois ...
Déjà huit mois, et voila que mes dernières vingt quatre heures à Mumbai s’écoulent tranquillement, à la fois trop vite – comme si je pouvais rattraper en vingt quatre heures tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire ici – et trop lentement, car je suis comme en attente de cet avion qui me ramènera vers la France.
J’ai rendu les clés de l’appartement, mes valises n’attendent qu’avec quelque appréhension le moment fatidique de leur pesée, mais mon esprit reste indécis quant à l’attitude à adopter. Mon amie Manka me demandait tout a l’heure comment je me sentais : « triste », lui répondais-je, « -mais tu as un grand sourire ! »… ce sont donc des mix feelings, sentiments partages qui me hantent. Je suis sans doute heureuse de rentrer et de retrouver tous ceux qui m’ont manque pendant ces huit mois. De retrouver des endroits, des ambiances qui me sont précieux. De retrouver un cadre de vie un peu plus discipliné, moins bruyant, moins pollué.
Mais je ne peux m’empêcher d’être triste lorsque je réalise que ce départ est définitif, car il marque sans équivoque la fin d’une belle aventure, de huit mois denses et pleins de découvertes, de jolies rencontres et de voyages tous plus fabuleux les uns que les autres. Je suis un peu nostalgique de penser que c’est déjà fini, cette année promise des mon entrée a Sciences po. Et ce départ marque peut être un peu également la fin de l’insouciance et du bon temps de mes vingt ans.
Mais pardonnez-moi de me laisser envahir par tant de sentiments. J’ai choisi de rentrer, sachant que c’était aussi pour mieux repartir. Et rentrer en France, prendre du recul sur cette expérience ne pourra que m’aider à réaliser ô combien elle aura été bénéfique à tous points de vue.
Je garderai mon attachement a l’Inde, je voudrais déjà y revenir, car je suis curieuse, je veux voir comment ce pays évolue, comment il conservera sa beauté intérieure tout en luttant contre les fléaux qui le rongent. Oui, je reviendrai.
Sur la route de l’aéroport, je verrai sûrement ces gamins qui vivent dans la rue, sous les ponts de l’autoroute, l’une des premières visions que j’avais eues a mon arrivée à Mumbai. Et j’en aurai le cœur gros. Sur la route de l’aéroport, mon taxi manquera forcément de faire un accident tous les 50 mètres, entre un chauffeur de rickshaw surexcité et une moto sur laquelle cinq membres d’une même famille s’entassent. Et je sourirai doucement, sans fermer les yeux. Sur la route de l’aéroport, je penserai peut être à ce qui ne me manquera pas en rentrant : les chauffeurs de rickshaw crachant leur bétel rouge à trois centimètres de tes pieds, l’administration archaïque et tellement procédurale, la surpopulation de Bombay et la saleté qui y règne. Ou alors, je verrai défiler devant mes yeux tout ce qui a rendu mon année en Inde si belle, Ellora-Ajanta-Kalaghoda-Amritsar-Bandra-Golkonda-Goa-Yann-Valentine-Anastasia-Agra-Neha-Pondichery-Mama-Thomas-Madurai-Delhi-Palitana-Papa-maman-Rameswaram-Manka-Mysore, et bien plus encore.